Wednesday, July 27, 2011

A Dance with Dragons


Quand le troll a du temps, le troll lit. Quand le troll n'a pas de temps, le troll lit tout de même, ne serait-ce qu'en marchant, dans le métro ou aux lieux d'aisance. Ou dans les trous du quotidien. Ou dans les pauses nocturnes, morceaux d'insomnie qui se jettent parfois sur le dormeur imprudent. Ce dont le troll a moins le temps, c'est de rendre compte de ses lectures. Il le ferait volontiers plus souvent, mais bon. Le temps est une denrée limitée, et la flemme est puissante dans ma famille.



A Dance with Dragons est le cinquième roman du cycle A Song of Ice and Fire, de George R. R. Martin. En français, le cycle s'appelle Le Trône de Fer, chaque roman a été découpé en deux, trois voire quatre tronçons, qui n'annoncent pas leur appartenance à des romans. Ils ont eu le bon goût de retomer les quatre premiers romans, toujours en français, en des intégrales semi-poche. Une série télévisée a également exposé le grand public à l'univers. En anglais, le cinquième roman vient de paraître, après cinq ou six ans d'attente.

Le troll a pris le temps de lire ce gros pavé, même si ça lui a pris une bonne dizaine de jours. Dans ce roman, GRRM délaie malheureusement toujours un peu trop la sauce, les personnages voyagent, les intrigues se nouent et se dénouent, les événements n'avancent pas beaucoup. Dans ce roman, nous retrouvons les personnages laissés en plan à la fin du troisième volume, certains dans des positions difficiles. On revoit aussi, sur la fin du bouquin, certains des personnages présents dans le quatrième. L'intrigue générale avance donc globalement.

Dans ce roman, un nain fait du bateau. Il neige. Des batailles se préparent. Des batailles se livrent. Des batailles sont différées à cause de la neige. Le nain change de bateau, et connaît des complications. Trois mariages sont célébrés. Des gens voyagent. Des gens se posent des questions. Il se passe bien d'autres choses, et je pourrais entrer dans le détail, mais je ne le ferai pas, on ne sait jamais qui peut lire ces lignes, et je ne voudrais pas gâcher le plaisir de la lecture à ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion de consommer ce gros pavé.

Bilan des courses, c'est bien que ce bouquin soit enfin sorti. Je l'ai longtemps attendu, et savouré pendant les quelques jours qu'il m'a occupé. J'aurais préféré voir les choses avancer plus rapidement, mais bon. Le roman mosaïque multifocal n'est pas forcément idéal pour avancer l'intrigue, nous sommes dans le domaine de la non-linéarité. J'ai déploré, il y a cinq ou six ans lors de la sortie de A Feast for Crows, le découpage excluant de ce quatrième roman la moitié des personnages, et par conséquent l'autre moitié du cinquième, et je suis soulagé que cette période de découpage soit derrière nous. J'attends avec impatience la sortie du tome suivant, qui sera le sixième, a priori l'avant-dernier, et au vu des événements mis en scène dans l'épilogue, les choses pourraient être intéressantes. En espérant que l'auteur ne mette pas six ans à l'écrire. Mais quel que soit le temps qu'il y mettra, j'attendrai patiemment la sortie du pavé d'après.

Mon impression globale est plutôt bonne, cela dit. Les défauts de l'auteur et de ses personnages persistent, mais c'étaient là des données déjà connues avant d'attaquer le mastodonte. Les qualités de l'œuvre, et le plaisir de connaître la suite, ont pesé davantage, en ce qui me concerne, dans la balance, que les défauts. Les gens qui n'aiment pas n'aimeront pas, les fans seront contents de leur fix, et pour ma part, je suis content d'avoir lu ce livre, et content d'en avoir fini avec cette lecture. Histoire de passer à autre chose.

Wednesday, May 12, 2010

Katarina Mazetti - Les Larmes deTarzan (2003)


Je suis sorti hier sous la pluie pour acheter le dernier Hilsenrath, que je n'ai pas trouvé parce que mon généraliste de quartier ne l'avait plus, mais du coup je me suis fendu de quelques euros pour acquérir un roman de Katarina Mazetti, qui comme son nom ne le suggère pas, est suédoise. J'avais déjà lu "Le type de la tombe d'à côté", acheté un peu par hasard il y a deux semaines sur les conseils du libraire, et ce mélange de tranche de vie, d'histoire d'amour entre trentenaires désabusés à la sensibilité exacerbée et d'humour grinçant m'a bien plu.

Du coup, j'ai rapporté de mon escapade d'hier "Les Larmes de Tarzan", qui date d'avant Graben, et quand je suis rentré chez moi après le boulot vers deux heures du matin, je me suis installé dans le vieux fauteuil déglingué issu du premier appart' de mes parents au milieu des années 70, et j'ai lu les premières pages en retirant mes chaussures. Le début était bien, donc j'ai continué, et vers quatre heures vingt du matin quand je suis tombé de fatigue, j'avais lu les deux tiers du poche (publié chez Babel, la collection de livres de poches de l'éditeur arlésien Actes Sud). Entre la marche de ce matin jusqu'au Troll et la pause chaussures de ce soir, je serai venu à bout des soixante pages qui me restent à lire.

Tarzan est une femme. Elle a un vrai prénom, mais le roman commence par une collision entre Mariana, trentenaire mère de deux jeunes enfants, dont le mari a disparu dans la nature, et Janne, un yuppie célibataire, sur un sentier jouxtant un terrain d'acrobranches. On retrouve le même cocktail que dans Graben, mais avec moins de bipolarité. Les narrations alternent entre la focalisation de la fille, du type et d'un des gosses. C'est tendre, drôle et les pages se tournent toutes seules. Je ne dors pas assez ces temps-ci, mais j'ai un peu plus de plages horaires où je lis.

Monday, May 10, 2010

Jean-Bernard Pouy - La Récup' (2008)


Lu un peu en pointillé ces derniers jours, un roman du grand Pouy, créateur du Poulpe et auteur de pas mal d'incontournables polars des années 1980. Celui-ci, publié en édition de poche chez Points, m'a occupé pendant quelques trajets à pied dans Lyon, ou vers la boulangerie depuis Trollune.

Ca n'est pas de la science-fiction, et il ne fait pas partie des ouvrages proposés dans mon gros rayon bouquins, mais j'en parlerai quand même. Je ne lis pas que de la SF. J'ai découvert Pouy il y a quelques années, sans doute à cause de "Spinoza encule Hegel", du post-apo déglingué à la Mad Max, avec des gangs se réclamant des grands penseurs du passé, qui règlent leurs différends à coups de battes, de bazookas et de dialectique. Depuis, j'ai lu à peu près tout ce que j'ai pu trouver, en Série Noire d'il y a vingt ou trente ans, en passant par les rééditions en Folio Policier, sans oublier quelques publications plus confidentielles, comme certains opuscules sur la banlieue où il a vécu, qui est aussi un peu la mienne, la banlieue sud, le 94 que j'ai beaucoup côtoyé sans jamais vraiment y habiter (en bas de ma rue, on y était, mais pas ma maison).

Ce Pouy était plutôt pas mal, puisque c'était du Pouy, la substance est maîtrisée, les personnages sont attachants, la fixation du héros (un serrurier récidiviste refait par des gangsters russes, bien décidé à obtenir son dû, quitte à y laisser sa chemise, sa santé mentale et puis le reste, aussi, tant qu'à faire) sur Lee Marvin est amusante. Mais, bon. J'ai connu des meilleurs Pouy. Ou alors, je me blase.