Wednesday, May 12, 2010

Katarina Mazetti - Les Larmes deTarzan (2003)


Je suis sorti hier sous la pluie pour acheter le dernier Hilsenrath, que je n'ai pas trouvé parce que mon généraliste de quartier ne l'avait plus, mais du coup je me suis fendu de quelques euros pour acquérir un roman de Katarina Mazetti, qui comme son nom ne le suggère pas, est suédoise. J'avais déjà lu "Le type de la tombe d'à côté", acheté un peu par hasard il y a deux semaines sur les conseils du libraire, et ce mélange de tranche de vie, d'histoire d'amour entre trentenaires désabusés à la sensibilité exacerbée et d'humour grinçant m'a bien plu.

Du coup, j'ai rapporté de mon escapade d'hier "Les Larmes de Tarzan", qui date d'avant Graben, et quand je suis rentré chez moi après le boulot vers deux heures du matin, je me suis installé dans le vieux fauteuil déglingué issu du premier appart' de mes parents au milieu des années 70, et j'ai lu les premières pages en retirant mes chaussures. Le début était bien, donc j'ai continué, et vers quatre heures vingt du matin quand je suis tombé de fatigue, j'avais lu les deux tiers du poche (publié chez Babel, la collection de livres de poches de l'éditeur arlésien Actes Sud). Entre la marche de ce matin jusqu'au Troll et la pause chaussures de ce soir, je serai venu à bout des soixante pages qui me restent à lire.

Tarzan est une femme. Elle a un vrai prénom, mais le roman commence par une collision entre Mariana, trentenaire mère de deux jeunes enfants, dont le mari a disparu dans la nature, et Janne, un yuppie célibataire, sur un sentier jouxtant un terrain d'acrobranches. On retrouve le même cocktail que dans Graben, mais avec moins de bipolarité. Les narrations alternent entre la focalisation de la fille, du type et d'un des gosses. C'est tendre, drôle et les pages se tournent toutes seules. Je ne dors pas assez ces temps-ci, mais j'ai un peu plus de plages horaires où je lis.

Monday, May 10, 2010

Jean-Bernard Pouy - La Récup' (2008)


Lu un peu en pointillé ces derniers jours, un roman du grand Pouy, créateur du Poulpe et auteur de pas mal d'incontournables polars des années 1980. Celui-ci, publié en édition de poche chez Points, m'a occupé pendant quelques trajets à pied dans Lyon, ou vers la boulangerie depuis Trollune.

Ca n'est pas de la science-fiction, et il ne fait pas partie des ouvrages proposés dans mon gros rayon bouquins, mais j'en parlerai quand même. Je ne lis pas que de la SF. J'ai découvert Pouy il y a quelques années, sans doute à cause de "Spinoza encule Hegel", du post-apo déglingué à la Mad Max, avec des gangs se réclamant des grands penseurs du passé, qui règlent leurs différends à coups de battes, de bazookas et de dialectique. Depuis, j'ai lu à peu près tout ce que j'ai pu trouver, en Série Noire d'il y a vingt ou trente ans, en passant par les rééditions en Folio Policier, sans oublier quelques publications plus confidentielles, comme certains opuscules sur la banlieue où il a vécu, qui est aussi un peu la mienne, la banlieue sud, le 94 que j'ai beaucoup côtoyé sans jamais vraiment y habiter (en bas de ma rue, on y était, mais pas ma maison).

Ce Pouy était plutôt pas mal, puisque c'était du Pouy, la substance est maîtrisée, les personnages sont attachants, la fixation du héros (un serrurier récidiviste refait par des gangsters russes, bien décidé à obtenir son dû, quitte à y laisser sa chemise, sa santé mentale et puis le reste, aussi, tant qu'à faire) sur Lee Marvin est amusante. Mais, bon. J'ai connu des meilleurs Pouy. Ou alors, je me blase.